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Les Obsessions de Next-Gêne

Les Obsessions de Next-Gêne
Pierre
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Contrairement à ce qu’on essaye de nous faire croire à longueur de journée, ce n’est pas nécessairement mal de râler. Ce n’est pas nécessairement troller non plus que de ne pas aimer ou ne pas être d’accord. C’est du sens commun et pourtant il semble que l’internet moderne en est bien démuni ces jours-ci.

J’en veux pour exemple Gamekult et Giant Bomb qui se prennent une volée de bois vert pour avoir osé un haussement d’épaules dubitatif à propos de Fallout 4 alors que le reste du monde cédait à la hype généralisée autour d’un titre qui n’a pas eu la moindre preview ou essai jouable avant sa sortie.

On n’aime pas Fallout parce que c’est le RPG qui révolutionne le genre, on n’aime pas Fallout parce qu’il apporte une vision neuve de l’univers, on n’aime pas Fallout parce qu’il représente une aventure à la liberté unique comme seul Bethesda sait en concocter.

Non, visiblement on aime Fallout parce que le Pip-boy est trendy, parce que l’édition collector était épuisée, parce qu’on connait un type qui a piraté Fallout 2 il y a 15 ans et qu’on appartient du coup un peu à la famille.
Enfin on aime beaucoup Fallout parce que c’est tout ce dont parlent Reddit, 9gag, Imgur et qu’après tout, les petits bugs qui pètent le jeu dans tous les sens sont sacrément rigolos une fois capturés en gif.

Quand le doritos gate accusait de manière un peu simpliste la presse d’être un peu trop proche des éditeurs, mais le modèle de la publicité en ligne est bien plus pernicieux que ça. L’annonceur compte finalement beaucoup moins que l’affichage, le clic, le chargement, bref le monde. Et pour garder le monde, conserver le clic, l’affichage, il faut d’abord et avant tout offrir aux lecteurs ce qu’ils viennent chercher.
Et quand on est un gros site de jeux vidéo à la ligne éditoriale modérée, on ne peut pas vraiment se permettre d’aller pisser sur le dernier fantasme de sa base de lecteurs sans avoir de preuves tangibles.
Un jeu Rockstar, un Blizzard, un TellTales ?
On oublie un instant les fourches, on ferme un peu les yeux sur les problèmes et on dit amen.

L’inverse marche aussi très bien notez. Un Quantic Dream David Cage, un Just Dance, un Kinect, un free to play, un iOS ? Ça se méprise largement, pour la forme, quelques soient les qualités probables.

N’importe quel bouquin, album, film ou pièce de théâtre aura une tendance mais rarement d’unanimité. Même un Citizen Kane trouvera des voix discordantes, même un Max Pecas trouvera ses défenseurs. Et même les réalisateurs qu’il convient de porter aux nues dans les milieux qui vont bien se prennent des critiques négatives.

Dès qu’on parle jeu en revanche, la polarisation n’existe plus : tout le monde navigue dans le sens du courant et le premier qui joue au saumon sera taxé de trolling sauvage.

Il est clair que l’aspect technique propre aux jeux invite à critiquer avec la froideur du banc d’essai technique. La viande est bonne, la confiture est bonne, aller hop 8/10.

Mais du coup de la même manière qu’il n’est pas interdit de s’emmerder ferme devant le dernier Woody Allen, on peut abdiquer devant les quêtes annexes d’un Shadow of Mordor. De la même manière qu’on peut préférer une pantalonade grasse d’Apatow à un film calibré pour les oscars d’Angelina Jolie, on peut passer un meilleur moment avec le dynamisme bordélique d’un Titanfall que sur les montagnes russes laborieuses d’un Bioshock.

Et on peut même le dire en râlant.
Juré.

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