> 300 planches et pas de fausse hanche

Panic sur Dragon Beach

Panic sur Dragon Beach
Pierre
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Mes parents se voulaient de gauche dans les années 70, ce qui se traduisait essentiellement par acheter quelques CDs des cœurs de l’armée rouge et s’abonner à Télérama.
Les cœurs sont passés, Télérama est resté et avec lui les idées un peu nauséabondes selon lesquelles les dessins animés japonais étaient vulgaires, violents et donc un peu dangereux pour la jeunesse.

Bien décidés à me sauver de mon futur de délinquant en devenir si je trainais un peu trop longtemps devant le club Dorothée, mes parents m’ont donc assez rapidement interdit de regarder le show de TF1 et l’un de ses programmes en particulier : Dragon Ball Z(edeuzedeuzed).

Et donc Batman le soir sur France 3 ne posait aucun problème, les cauchemars de Dumbo passaient crème, tout comme l’infâme Angela Anaconda. Mais Dragon Ball, c’était hors limites, banni. Tant et si bien que je n’ai jamais pu suivre que des bribes d’infos au sujet de Son Gohan, Vegeta and co. Je n’ai pour ainsi dire jamais pu participer aux discussions sur le sujet ce qui a achevé de me vacciner contre toute forme d’intérêt pour la série y compris des années après la fin de l’interdiction parentale.

C’est pour ça qu’il m’a été aussi compliqué de comprendre l’engouement mondial lors de l’annonce de Dragon Ball FighterZ et aussi stupéfiant de voir la foule d’habitude si moqueuse se mettre à vénérer ce qui me paraissait passer pour un ‘simple’ jeu de combat en 2,5D.

Mais, au-delà de l’astuce Unreal déjà mise en place depuis Guilty Gear Xrd en 2013 et qui n’a semble-t-il jamais suffit à se faire déplacer les foules, c’est bien l’adjonction de la licence DB qui transforme un jeu qui aurait pu finir sa course à l’ombre d’un Street Fighter quelconque, en nouveau prodige de la fighting games community.

Et tant pis alors si personne n’a joué à un jeu Arcsys auparavant, tant pis si les différentes betas ont révélé de sérieux problèmes de serveurs, tant pis si la semaine suivant le launch, il est toujours compliqué de jouer proprement et même tant pis si personne ne semble tout à fait savoir comment on prononce le nom du jeu.

La hype qui à une énième fois gonflé comme une baudruche n’a parait-il, pour une fois, pas déçu les fans et la presse. A moins qu’une énième fois les fans et la presse étaient suffisamment auto-convaincus d'échapper à la médiocrité pour oublier les désagréments du lancement.

Quoi qu'il en soit et si je dois bien reconnaître que la bête bouge bien, je n’ai ni la capacité de sortir des coups qui ont le moindre sens, ni le bagage culturel pour apprécier le fan service, même quand il est déployé aux petits oignons avec des animations à 24 fps dans un jeu qui tourne à 60.

Me reste plus qu’à retourner écouter les cœurs de l’armée rouge en tuant du nazi et faire la petite pirouette de journaliste des 90s en imaginant que les amateurs apprécieront.

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