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Master Casual

Master Casual
Pierre
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Ok, j’imagine que se moquer du scénario de Halo c’est comme jouer sur des serveurs européens de Starcraft pour un Coréen : un peu facile.

Mais pour être tout à fait clair, ce n’est vraiment le scénario qui nous fait rigoler ici. Il est ce qu’il est : limité et à la fois rempli comme un œuf, plein de personnages pour lesquels on a du mal à réveiller une once d’intérêt, à la fois dénué d’enjeu et étrangement sous pression, il sera rapidement adulé par les fans et mis de côté par les grands reporter ayant tôt fait de le classer comme oubliable.

Pourquoi ? Parce que le scénario de Halo 5 rempli exactement son rôle de scénario de shooter futuriste : il n’est pas là pour raconter une histoire passionnante ou décrocher un prix académique, mais uniquement pour donner entre deux phases de massacres, un contexte au joueur qui appuiera sur quelques gros boutons avant de changer de planète.

Et dans le cas particulier de Halo, le scénario rempli aussi la lourde peine d’unifier comme possible l’univers étendu qui, commande après commande, a été manipulé par les scénaristes de Bungie puis 343 industries, des auteurs de romans cheapos comme Eric Nylund, des cinéastes comme David Fincher ou Ridley Scott et d’autres gens plus ou moins recommandables au gré des besoins en assets promotionnels quelconques.

Et à chaque fois, tout ce petit monde a tenté d’apporter sa pierre à l’histoire d’un cyborg qui tue des extraterrestres sans trop se soucier de ce qui a été fait avant. Sauf qu’aujourd’hui Microsoft se dit qu’il serait pas idiot de recadrer un peu le tout avant que ça ne parte franchement en cacahuète et pourquoi pas, au passage, introduire un nouveau héros pour préparer le remplacement du vieillissant master chief.

Et très franchement Halo 5 fait un boulot honnête dans les cinq heures que dure sa campagne.
Non ce qui est plus rigolo c’est la manière dont la campagne autour du jeu a tourné toute cette histoire en laissant complètement tomber les conneries de Cortana (reléguée depuis en assistante grand public des utilisateurs de produits Windows) pour se concentrer sur un affrontement monté de toutes pièces dans la plus pure tradition des combats de foire.

Approchez, approchez ! Venez donc voir le match de l’année, que dis-je, de la décennie ! A ma droite, l’inébranlable monument de charisme qu’est la boite de conserve Master Chief, 6 jeux au compteur et à peu près autant de lignes de dialogue face à, à ma gauche, le Spartan Locke, héros de la mini-série streamée pendant Halo MCC (et qui occupait bien pendant que le jeu moulinait pour trouver une partie multijoueur) très humain (mmvoyez vous, il doute un peu), beau comme un modèle pour sous-vêtement et qui mène sa team Benetton aux côtés d’un Nathan Fillion qui paye ses impôts.

Et absolument toute la communication était basée sur ce duel au soleil, du keyart aux trailers en passant par les accessoires et l’inévitable campagne virale sur les réseaux sociaux où les fans de tous poils étaient cordialement invités à faire savoir leur préférence à grands coups de hashtags.

C’est à peu près à ce moment-là que le duel a tourné vinaigre et que le plan Locke a pris l’eau puisqu’à chaque round de vote Master Chief écrasait complètement le nouveau héros jusqu’à la sortie du jeu où les gens ont unanimement exprimé leur regret de ne pas pouvoir jouer plus avec leur grosse brique verte préférée.

Pari un peu perdu donc pour 343 industries (malgré l’accueil généralement positif du jeu) qui devra encore composer un peu avec son Chef sous peine de se mettre à dos une fanbase aussi propice au changement qu’un troupeau de dinosaures constipés.

Ok, en même temps est-ce qu’on peut s’étonner du résultat ? Après tout, si faire tomber des icônes de quinze ans d’age était facile, on jouerait tous à Starcraft sur des serveurs coréens.

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