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Square Dogs

Square Dogs
Pierre
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De tous les gros éditeurs qui restent dans la course au AAA, celui que j’ai le plus de mal à cerner est de loin Square Enix.

Il faut dire que tous les autres en font des tonnes pour avoir leur petite spécificité. Ubi ne jure que par les open world, que cela ait du sens ou non ; EA se fait une devoir de fournir aux beaufs ce qui les passionnent le plus avec du foot, des flingues et des bagnoles ; Activision tente périlleusement la transition de la Call of Duty Enterprise vers la Destiny Incorporated ; Take-Two passe le gros de ses journées à se demander si ses licences sont assez trashs pour être Rockstar ou juste assez bizarres pour passer 2K ; Blizzard se demande combien de temps ils pourront soutirer le pognon des joueurs de WoW ; Bethesda fait comme de l’ubisoft mais pour des raisons nébuleuses tout le monde adore ; Bandai Namco mise tous sur les licences animées et les versions boites des Dark Souls ; SEGA a perdu tout espoir pour ses licences japonaises et place toutes ses billes sur les jeux PC louches, Warner Bros décline toutes ses grosses licences autour du même jeu pendant que Devolver gagne la médaille d’or de brossage de poil des journalistes et hipsters en tous genre.

Dans tous les cas il y a une stratégie relativement claire, une vision plus ou moins précise de la gestion du portfolio et l’idée que ces éditeurs vont dans une direction constante amorcée il y a déjà quelques années et à suivre pour les quelques années à venir.

Mais Square Enix me laisse un peu perplexe. Trop dispersé pour mon goût je pense.
Faut dire, quand Squaresoft et Enix, les deux éditeurs des plus grosses séries de J-RPGs se sont mis en tête de fusionner en pleine suprématie mondiale de la PlayStation 2, on pensait bien que c’était pas exactement pour faire du jeu de bagnoles. Après tout un Final Fantasy les années paires, un Dragon Quest les années impaires et un Kingdom Heart les années bissextiles c’était un plan bien huilé à même de dispenser le japon de méthodes de contraception pour une bonne décennie.

Sauf que tout ne s’est pas exactement déroulé comme prévu et sur la génération suivante la domination de JRPG dans la liste d’IP sur lesquelles compter et l’alliance avec Sony se sont transformées en un boulets un peu gênant à l’époque où les masses veulent des tronçonneuses et où les pôles de développement se situent dans les pays nordiques et au Canada.

Du coup yoplaboum Square Enix ne sombre pas à l’envie de se renommer □nx ou Enix-Square et se paye à la place un Eidos mal en point. Résultat : du Hitman/Kane & Lynch des Danois de chez IO, du Thief, du Deus Ex et du Tomb Raider des Canadiens d’Eidos Montréal, un Sleeping Dogs suite non avoué de True Crime et aujourd’hui même du telltales-like épisodique avec le Life is Strange des Français de Dontnod.
Dur de savoir ce qui marche parmi tout ce petit monde tant les déclarations se contredisent comme sur ce Tomb Raider tour à tour décevant puis le plus vendu de la série.

Et pendant ce temps-là les japonaiseries carburent à plein régime avec du FF online rebooté, du Dragon Quest partout où on peut en placer et l’annonce d’un Final Fantasy XV qui promet (encore) de faire oublier tout le reste, enfin jusqu’au remake HD de FFVII que les fans ont visiblement bien fait d’attendre toutes ces années.
Si l’on ne doute pas du succès général de FFXIV, dernier bastion du MMO par abonnement face à un WoW infatigable, on s’interroge sur la pertinence des démos techniques dingos qui ne semblent pas mener à des projets particulièrement viables comme le prouve la fermeture récente de leur studio de cloud gaming.

Et puis il y a le mobile, parce que là aussi Square Enix y va à fond les bananes avec des portages de vieilles licences ou de l’adaptation GO, déclinaison au tour par tour des grosses licences PC dont le succès justifiera une version PS4 et même un greenlight steam parce que j’imagine que pourquoi pas ?

Bref, pas évident d’y voir très clair dans le jeu de Square Enix qui tente aussi en douce l’aventure crowdfunding quand personne ne regarde, avec sa propre plateforme et même avec certains gagnants de Kickstarter.

Peut-être est-ce une stratégie opportuniste agressive géniale et dont la finalité se fera sentir dans dix ans. Peut-être que c’est une politique de tirs tous azimuts pour éviter de se retrouver une nouvelle fois avec tous ses œufs dans le même panier japonais quand le vent tourne.
Ou peut-être que la boite est gérée par un Labrador et un Shiba en roule libre.
Qui peut le dire ?

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