> Le Blog BD sans bonus de preorder

Correction Simulation 2016

Correction Simulation 2016
Pierre
2 commentaires
En Novembre 2013, Microsoft sortait sa Xbox One.
En Février 2014, Microsoft comprenant dans quel engrenage infernal il venait de mettre les doigts, demandait un petit coup de main aux fans les plus hardcore pour faire la liste de ce qu’ils attendaient de l’interface de la console et à beta-tester les mises à jour pour s’assurer que tout ne prenait pas complètement l’eau avant de dérouler les updates au parc complet.

C’est à peu près à cette période que mené à parties égales par mon obsession malsaine pour les mises à jour et le désir naïf d’essayer la lecture de musique de fond avant les autres, j’ai rejoint le programme caché derrière un obscur système d’invitations.

Depuis lors, bien plus que Halo, bien plus que Gears of War, bien plus que Fantasia, l'interface Xbox Preview Program est devenue mon jeu favori sur la console.
Deux fois par semaines, je reçois des mises à jour plus ou moins pétées qui apportent des fonctionnalités plus ou moins utiles et introduisant une quantité plus ou moins importante de bugs critiques.
Evidemment à chaque fois ça me prend une bonne demie heure de téléchargement, puis d’installation, et à chaque fois ça se lance automatiquement quand je suis pressé ou qu’il est déjà bien trop tard pour commencer à regarder un petit film sur Netflix. Mais je me dis que ça aussi ça fait partie de l’expérience VIP de Microsoft.

Quoi qu’il en soit, à chaque mise à jour je suis invité à remplir une petite enquête de satisfaction ainsi que plusieurs missions visant à me faire utiliser les nouvelles fonctions et à dire si A/ça a marché, B/si j’ai trouvé ça facile à faire et C/si je compte m’en servir à l’avenir et à chaque fois mon tiercé se constitue d’un « Mouarf, mmmnope, Hell no ! ».
Le tout est évidemment gamifié à grands coups de petits points à amasser, de classements contre les amis et le reste du monde et, de temps à autres, une petite invitation à une beta quelconque.

Pendant tout ce temps, j’ai donc vu d’un œil assez incrédule se succéder les nouveautés sans intérêt tandis que certaines fonctions clés de la toute première xbox étaient toujours aux abonnés absents.

Aujourd’hui, après pas loin de trois ans de mises à jour Microsoft se dit que l’interface est arrivée plus ou moins au bout de ce qu’elle peut proposer d’expérimental et l’existence d’un petit groupe fermé de beta-testeur n’a plus vraiment lieu d’être. C’est pourquoi le Xbox Preview Program des cools kids est remplacé par le bien plus mainstream Xbox Insider Program auquel tout le monde peut participer.

En plus d’une refonte totale du système, de petites animations satisfaisantes quand on remplit une quête, le nouveau système s’intéresse enfin, au moins de manière marginale, aux non-américains et permet de reporter directement depuis l’interface les problèmes de traductions.

Et dieu sait si ces problèmes sont nombreux avec les produits Microsoft. J’ai donc sorti la ceinture, un clavier USB, fait craquer mes doigts, et me suis lancé dans la chasse aux traductions foireuses qui me piquent les yeux à chaque fois que je pose les yeux sur cette interface de malheur.

Pas dit que tout soit étudié, pas dit que cela change quoi que ce soit aux process de MS qui fait visiblement traduire une grosse partie de ses textes sans fournir de contexte à ses agences.

Du coup, est-ce que mon implication a une chance de rendre le bordel un peu plus acceptable pour le reste des gens ? Pas certain.
Est-ce que j’ai la sensation d’avoir fait mon travail de fanboy en faisant le QA à la place du QA ? Oui, il doit y avoir de ça…
Est-ce que je continue à enquiller les rapports parce qu’un énorme bouton sur l’interface me dit que je suis niveau 16 ? Ouaip, et je peux vous dire que j’ai très hâte d’être au niveau 17.

Commentaires

  • Juan |
    C'est tout de même fou qu'avec une expérience de plus de 10 années en matière d'interface console grâce à la 360 (j'exclue volontairement la 1ére Xbox malgré que ça a permis de voir émerger de nombreux paradigmes), on arrive à un produit aussi incomplet et mal conçu que l'interface proposée par la Xbox One.

    C'est comme si Microsoft avait volontairement torpillé leur produit pour punir l'utilisateur de ne pas avoir accepté la vision 1ére proposée par Redmond pour son nouveau media-center.

    Ou bien est-ce à cause de cette envie de proposer un langage universel en souhaitant pousser des usages précis sans forcément prendre en compte quel sont les véritables usages du joueur (occasionnel ou non) lambda lorsqu'il lance sa console ?

    J'avoue n'avoir jamais été aussi déçu d'une console que je le suis pas la Xbox One, et malgré tous les efforts fait par les équipes au t-shirt vert, j'ai toujours cette impression de cendre coincée bien au fond de ma gorge que même un bon verre mountain dew ne pourrait pas faire passer.
  • Pierre |
    Je pense que la Xbox One est tiraillée entre plein de choses.
    Elle a pour base une proposition qui a été rejetée avant même son lancement.
    Elle a des briques de fonctionnalités qui marchent mais qui sont reléguées au second plan parce que personne ne les utilise (le snapping d'app par exemple).
    Elle a le besoin de servir les fonctions d'une console de jeu moderne mais en même temps d'être un étendard de la stratégie multi-plateforme de Microsoft à mi-chemin entre win8 et win10.
    Et au final elle doit se rendre utile pour des gens aux besoins et usages justement extrêmement variés : du hardcore gamer qui passe toutes ses nuits sur Destiny, à la famille qui s'en sert pour regarder Netflix et Canal en passant par les joueurs sociaux qui veulent rester connecter avec leurs communautés. Il n'y a pas un modèle d'utilisateur xbox et malgré la grogne des fans à la sortie, même le mot joueur n'est pas nécessairement pertinent.

    C'est une problématique impossible à résoudre à moins de rendre la main aux utilisateurs sur ce qu'ils veulent afficher ou non, ce que MS n'a pas l'air prêt à faire.

    Sony s'en tire parce que Sony garde la même politique d'UX que de console : faire le minimum correctement. Toutes les apps, les jeux, les fonctionnalités sont alignés dans d'immenses menus linéaires et quand c'est devenu trop pour l'utilisateur moyen ils ont fait péter la fonction dossier dans une maj; c'est plus fonctionnel pour le commun des mortels mais c'est loin d'être idéal dès qu'on veut accéder à une fonction peu usitée.