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The Big Phelps

The Big Phelps
Pierre
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Je me suis enfilé pas mal de tests du jeu Outlast, TGOVD_Joe notre ancien complice de bêtises vidéo ayant été impliqué de très près dans la conception du design sonore du titre. Même si le titre ne m'intéresse pas le moins du monde il a récolté des notes assez incroyables compte tenu de sa petite production et a, au passage, été comparé à Amnésia, à Condemned, à Silent Hill et autres jeu d'horreur, de survie ou de survie horrifique.

Je me suis fait la réflexion que du jeu qui fait peur il y en a un sacré paquet, Japonais, Américains, Européens, pas de jaloux, tout le monde veut et fait du jeu qui fait peur.
Par contre tentez de mettre la main sur un jeu réellement humoristique et ce sera vite l'impasse.
Il y a bien des blagues disséminées ça et là dans la plupart des gros jeux, mais finalement peu de jeu authentiquement drôles.
Je dirais même qu'il y en a de moins en moins. Puisque désormais, même les point & click et autres jeux d'aventure propres à la grosse marrade incluent des zombies et une grosse dose de sérieux.

Pourtant au cinéma les comédies sont légions et même si le top IMDb et les vainqueurs des oscars sont plus souvent composés de drames que de grosses poilades, l'impact d'une comédie qui fait mouche est sans commune mesure avec un film qui se prend un poil trop au sérieux.
J'en veux pour preuve l'intemporel Big Lebowski encore disséqué récemment dans deux très bonnes vidéos chez That Guy With The Glasses.

Alors où sont les Zucker Abrahams Zucker du Jeu Vidéo ? Les frères Coen du virtuel ? Et même sans aller jusque là pourquoi n'a-t-on même pas droit à du Apatow ou du Will Ferrell ?
Pourquoi de Eastbound & Down à Arrested Development en passant par Parks & Recreation, The Office, Community ou 30 Rock, la télévision américaine se réinvente sans cesse autour de la comédie alors que le jeu vidéo est désespérément ancré dans son âge bête et sérieux ?

Je pense que le principal problème est qu'une comédie a besoin d'un minimum de subtilité, et la subtilité dans le jeu vidéo ça n'existe pas. Quoi qu'un jeu raconte, quoi qu'il montre, quelles que soient les émotions qu'il essaye de transmettre, c'est toujours avec la finesse d'un groupe de touristes Allemand à proximité d'un buffet de salade de patate.
S'il y a des explosions, ce sont des explosions nucléaires dans l'espace, s'il y a du drame c'est le gosse du héros qui meurt dans les dix premières minutes, s'il y a du sexe, c'est une scène jouable par QTE, s'il y a un enlèvement, c'est à coups de parachute express...

Alors, évidemment occasionnellement un Fable, un Oddworld, un The Cave arrivent encore à égayer ce triste paysage rempli de space marines. Mais ces trois exemples sont dirigés par un vieux de la vieille du jeu vidéo et aucun des trois ne semble vraiment poussé comme le fer de lance de son éditeur.

L'humour dans le jeu doit donc faire peur, peur qu'il soit mal interprété, mal compris, de mauvais goût. On lui préfère donc des habiles contournements à base de cynisme, de moquerie, de références, de blagues potaches. Pour autant, tout ce qui peut déclencher un rire n'est pas de l'humour.
Et paradoxalement pour que cette industrie mûrisse un peu et puisse grandir, il faudrait vraiment qu'elle apprenne à se prendre moins au sérieux; à prendre du recul et à s'amuser, vraiment.

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