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La boucle

La boucle
Pierre
3 commentaires
Contrairement à ce que mon expérience avec FIFA peut laisser penser, je ne suis pas complètement opposé aux jeux de sport. Ou plutôt je ne l’ai pas toujours été.

Voyez-vous aussi incroyable que cela puisse paraître, avant le monde n’était pas fait que de call of duty, uncharted et halo. Il y avait tout un tas de genre à la con que l’on considérait à tort ou à raison comme indispensables. Les jeux de combat 2D, les platformers, les point & click, les RTS et les jeux de sport entre autre faisaient partis de ceux là. Du coup quand une boite faisait une console de jeu, elle se devait d’avoir ses propres versions de chacun de ces genres, quitte à y coller une mascotte s’il le fallait, au moins on avait quelque chose sous la main.

C’était d’autant plus vrai quand on s’appelait Sega, qu’on venait de lancer la Dreamcast en grande pompe et que EA avait annoncé les mains dans les poches que non ils ne développeraient pas pour la console.

Sega donc, qui avait des jeux de foot, des jeux de course, des jeux de combat mais pas de jeu de basket, Foot US ou Hockey a été se payer Visual Concepts, un studio qui s’était fait une petite réputation dans le genre depuis le milieu des 90s notamment pour le compte de EA Sports et Sega Sports.

Coup payant, puisque NBA, NHL, NFL 2K cartonnent bien plus que prévu et propulsent la Dreamcast aux États-Unis comme jamais la Saturn n’y était parvenue grâce à des graphismes de toute beaaauwté comme on disait à l’époque, une jouabilité immédiate mais suffisamment profonde et une action constante avec des angles de caméra inédits.

La suite on la connaît : après cinq ans de bons et loyaux services, Visual Concepts est vendu par un Sega qui commence à tirer la langue à Take-Two qui monte dessus le label 2K Sports et met EA à l’amende annuellement depuis une décennie.

C’est à peu près à ce moment là que j’ai perdu la main et la patience pour disputer les matchs en ligne qui étaient pourtant si fous avec leurs ligues virtuelles (El Gringo, si tu me lis…). Il faut dire qu’à l’époque une seule chose compte pour toutes les simus de sport : atteindre le degré de réalisme le plus poussé possible.

FIFA et PES étaient déjà embarqué dans cette petite guéguerre depuis un bail, les autres ont suivi NBA 2K vs. NBA Live, NHL vs. NHL 2K. Du data crunching des ligues officielles aux modèles physiques précis, l’heure est à la précision Football Manageresque et rien n’est laissé au hasard.

Reprendre un jeu de sport aujourd’hui, c’est voir des mecs qui transpirent graduellement au fur et à mesure du match, c’est observer des maillots qui volettent avec les mouvements, c’est identifier chaque joueur de seconde zone avec un degré de précision hallucinant, c’est pouvoir scanner sa propre tête avec un téléphone ou une kinect, et c’est aussi la garantie d’être laissé sur le côté si l’on n’est pas un ultra fan du sport.

Et je comprends l’idée, comme pour FIFA, comme pour call of duty j’admets qu’il existe un monde alternatif où le fait de ne vivre que pour le basketball ou le hockey se doit d’être récompensé.
Je trouve juste un poil dommage qu’on ai perdu le côté immédiatement fun d’un NHL Hitz, d’un FIFA 98, cet arrangement tacite qui disait que ouais ok ce score de 15-22 est aussi réaliste que l’anatomie de Dr. Maboul mais qu’après tout ce qui compte c’est qu’en attrapant une manette on pouvait immédiatement jouer sans avoir besoin de se demander lequel des 5 boutons de tir il faut utiliser ou si un demi-lob amorti feinté en biseau pourra être plus efficace qu’une bonne grosse mise en échec des familles.

Je veux dire, sérieusement, même les tests de jeux de sports deviennent complètement obscurs si l’on est pas branché sur ESPN.

Si la compet’ au puzzle le plus tordu est ce qui a perdu le Point & Click, la recherche du réalisme ultime est ce qui a perdu le jeu de sport pour moi, avec ou sans traces de transpiration. Heureusement j’ai élaboré une petite tactique pour ne jamais plus avoir à en acheter en attendant toujours de voir si le suivant sera meilleur.

Reste à mettre en place la même pour les Assassin’s Creed maintenant.

Commentaires

  • Gomo |
    Aujourd'hui les jeux de sports pour le fun sont chez Nintendo avec les Mario Tennis, Mario Strickers et Mario Golf.

    Est-ce qu'on peut compter le grifball là dedans aussi ?
  • FulRoro |
    Ça existe encore le grifball ? Avec ou sans les lags et connections pourries ?
  • Freytaw |
    Tellement vrai hélas. Le constat est terrible, mais je ne me suis pas autant éclaté sur un jeu de sport depuis... ISS 99 ? Damned, c'est loin... Ils sont où nos jeux d'arcades ?