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Miimoto

Miimoto
Pierre
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On expliquait la semaine dernière que My Nintendo était un insidieux moyen de refourguer du Miitomo à tous les joueurs WiiU et 3DS en manque de Picross. Et visiblement l’opération est un succès retentissant. En moins d’un mois le jeu a rassemblé pas loin de 4 Millions d’utilisateurs actifs mensuels et génère pas loin de 40K$ par jour.

Après les moqueries, après la perte de confiance, Nintendo prouve de fort belle manière que le jeu mobile, même sans jeu, même sans licence et même sans expérience, ça peut être son dada et que tous les Omar Sharif du monde peuvent aller se rhabiller, quand il s’agit de capturer le public international, ils savent y faire.

Ce n’est donc pas avec un Puzzle & Dragon Zelda ou avec un Dr. Mario Mobile et certainement pas avec un endless runner F-Zero Android que Nintendo a fait son entrée dans le monde des apps pour téléphones portables mais bien avec cette saloperie de Miitomo.

Au-delà de la phase de test, il y a deux raisons qui ont poussé Nintendo à faire ce choix étonnant : D’abord il s’agit de mettre tout le monde à jour sur le fait que la société est plus que la somme de ses licences actives ou endormies. Derrière Mario, Zelda et les Pokémons qui garantissent une rente dorée, il y a un savoir-faire un peu caché, un peu sous-estimé, qui fonctionne pour la marque Nintendo bien plus que pour tout ce qu’elle représente pour les gamers traditionnels. Et à quelques mois de la présentation de la NX, il est crucial de démontrer que Nintendo est toujours une boite de créatifs, que la facilité du portage et de l’hybridation n’est pas la seule voie et qu’il faudra compter avec un écosystème bien plus riche que les derniers DLCs de Smash Bros le laissent entendre.

Ensuite il y a la confirmation que le business model Free to Play n’est pas une plaisanterie chez Nintendo. Alors que tous les gros éditeurs pataugent dans cet exercice de style en se faisant encore et toujours bouffer par des petites start-ups plus agressives, Nintendo donne directement le ton sur Miitomo : le jeu est certes gratuit au lancement mais les occasions de dépenser de l’argent réel se présentent à tous les coins de rue avec une logique de collectionnite sociale et de jeu d’argent.
Exit donc la douceur de Nintendo, exit les visions idéalistes d’un jeu fair & friendly, si Nintendo se lance dans le jeu mobile, c’est d’abord et avant tout pour faire de la maille.

Et puisque la maille se fait, puisque les utilisateurs suivent, il n’y a aucune raison que le marché n’accorde pas sa confiance en retour. C’est chose faite puisque que le cours de l’action a immédiatement repris du poil de la bête une fois le jeu sorti mondialement.
Encore une fois, tout ça n’est que le résultat d’un soft social basé sur les Miis. Imaginez quand les grosses licences commenceront à déferler. Imaginez la puissance de frappe quand des millions de fans de Pokémons recevront la même notification les exhortant à télécharger le prochain companion app au même moment. Et imaginez quand tout cela sera associé à des Amiibos NFC décodable par des téléphones lambda et liés à Apple Pay et Google Wallet.

On peut largement reprocher à Nintendo d’être dans sa bulle, de ne pas saisir les tendances au vol et de ne pas comprendre ce que veulent les gens. Ça n’enlève rien au fait qu’avec une seule app, Nintendo a prouvé comprendre le marché mobile bien plus profondément que tous les Ubi, EA et Activision du monde.

Et si les hardcore gamers que nous sommes considérons souvent le jeu mobile comme la petite porte vers les « vrais » jeux vidéo, alors peut être que le jeu mobile sera également la petite porte que prendra Nintendo pour renouer avec le succès massif pour sa prochaine génération. Et pour le coup ce serait plus avant-gardiste que tous les délires de media player et autres courses aux specs de la concurrence.

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