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Destroy All Monsters

Destroy All Monsters
Pierre
4 commentaires
Ces quinze dernières années, la plupart des jeux AAA ont essayé de mimer les blockbusters du cinéma par tous les moyens possibles et imaginables. Plus de scènes scriptées, plus de scènes cinématiques, plus de dialogues, plus d'explosion et d'action, de moins en moins de séquences de jeu à proprement parler. Les jeux d'Activision, d'EA, d'Ubi devaient avant tout ressembler à ce que la Fox, la Warner et Sony alignaient tous les étés sur les écrans.

Aujourd'hui, les séries ont le vent en poupe, c'est donc sans réelle surprise que l'on entend parler de « HBO treatment » pour le prochain Assassin's Creed ou que le nouveau titre de Remedy (Max Payne, Alan Wake) et futur fer de lance de la xbox one soit un jeu couplé à une série (ou l'inverse, ce n'est pas très clair...).

Pourquoi alors les jeux ont tant de mal à s'inspirer de ce qui est intéressant à la télé et au cinéma ? Pourquoi ne voit-on pas l'audace dans l'écriture des productions modernes ? Pourquoi ne voit-on pas la maturité des thèmes abordés ? Pourquoi n'a-t-on pas la profondeur dans le traitement des personnages ?

Et surtout pourquoi le jeu Pacific Rim n'est-il qu'un jeu de combat idiot, moche, mal foutu et réalisé par une boite de développement qui ne pisse que du jeu de catch depuis 15 ans sans doute sous une contrainte temps impossible à supporter et pour un budget ridicule.

Je veux dire : on est de retour dans les années 90 avec l'adaptation automatique de toute licence qui fait un peu d'argent en jeu vidéo mal foutu vite réalisé et vite vendu ?
C'est donc ça le grand passage au tout numérique pour les éditeurs ? Pouvoir enfin proposer l'équivalent en jeux du direct-to-video ?

Avec les succès de titres comme Riddick ou Batman ou les jeux Disney mobile, les adaptations n'avaient-elle pas prouvé qu'elles pouvaient dépasser le simple stade de produit dérivé coûteux à produire pour aller chercher plus loin que la simple fan-base.
Même les Narutos, Gundam, Lego trucmuches etc. ont réussi à force de jeux à s'extirper du minimum syndical pour proposer des produits corrects et jouables à défaut d'être révolutionnaires

Autant je conçois qu'un produit brandé "Astérix" pourra convaincre parents et gosses sans essayer très fort en ne capitalisant que sur un joli keyart et la promesse d'un jeu de plateforme classique sans grande violence.

Autant quand on réalise l'adaptation d'un pur rêve de geeks à base de gros robots qui se battent à mains nues contre des monstres sortis d'une faille inter-dimensionnelle, je peine à comprendre ce qui a bien pu être identifié comme groupe-cible.
Il apparaît évident que les fans absolus de Del Toro n'oseront pas s'aventurer sur ce terrain, que les joueurs hardcore seront vite découragés par la démo et que les plus jeunes qui avaient pu se laisser tenter par Real-Steel (jeu dont l'adaptation de Pacific Rim est un clone) ne seront pas arnaqué de 10 euros une seconde fois.

Le jeu ne semble pas non plus viser les amateurs de jeux de combat traditionnels ou les gens qui n'auraient pas totalement apprécié le film avec un positionnement assez clair : "Pacific Rim : The Video Game" est le nom complet du jeu et un gros plan peu inspiré sur le robot principal sert d'image promotionnelle.

Pire, avec 38/100 de moyenne sur Metacritic et comme test le plus favorable un 54/100 d'IGN qui titre "Gardez votre argent pour retourner voir le film", on est en bonne place pour le titre de plus mauvais jeu de l'année et assez loin d'obtenir un miracle en termes de ventes.

Tant pis pour les esthètes qui ont apprécié la mise en scène incroyable du film, tant pis pour les amateurs de destruction massive qui pensaient pouvoir se mettre dessus au milieu de Sydney et de tout détruire en attrapant un cargo comme batte de Baseball. Tant pis aussi pour les vieux amateurs de Mechassault et Steel Battalion qui auraient pu trouver ici une simulation de gros robot jubilatoire, ou pour les simples lassés des jeux à dialogues inutiles qui auraient souhaiter retrouver un beat'em all décérébré pour souffler tranquillou après le boulot.

Ici on a juste le droit à une nouvelle preuve du retard que l'industrie du jeu prend sur le cinéma en faisant montre d'un esprit rétrograde consistant à réaliser la vache à lait la plus fainéante possible à partir de ce qui a été un pari aussi dingue financièrement parlant dans sa forme qu'incroyablement passionnel dans son fond. Et ça me rend sacrément triste.

Commentaires

  • fleau scourge |
    Putain BH !

    AMEN
  • FulRoro |
    Hey ! Pourquoi ne pas faire des comics avec le style de dessin de l'avatar de BH, plutôt que le style webcomic tête ronde ?
  • Gomo |
    Parce que je ne suis pas bon en dessin et que c'est beaucoup plus rapide de faire des bonhommes en bâton que de faire des designs plus élaborés.

    Mais peut-être que ça évoluera au fil du temps.
  • fleau scourge |
    Les bonhommes bâtons fonctionnent bien car on cerne bien leurs expressions !