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Indiepocalypse

Indiepocalypse
Pierre
1 commentaire
Si vous écumez un peu les sites qui se pignolent sur le jeu vidéo et son petit nombril (et si vous êtes sur Next-Gêne, il y a fort à parier que vous le faites) vous avez dû remarquer que le dernier buzzword à la mode c’est l’Indiepocalypse.

Un mot à la con lancé, comme tous les mots à la con, entre deux graphiques sur twitter. En l’occurrence des graphiques du nombre de jeux sortis sur Steam mettant l’accent sur le fait que, depuis que Valve a mis en place son programme Greenlight géré par la communauté, le nombre de jeux disponible explose comme le taux d’alcool dans le sang d’un Allemand à l’Oktoberfest.

Un autre graph montre que grosso modo à la même période les ventes médianes ont commencé à chuter de manière impressionnante. Il n’en a donc pas fallu plus pour que les observateurs hurlent à la mort du jeu indé et comparent le tout au krach de 1983.

La réalité est évidemment un peu plus nuancée que ça. Déjà parce qu’il est parfaitement normal que les ventes chutent quand on augmente l’offre sans particulièrement augmenter la demande ensuite parce que les gens à l’origine de ces graphiques affolants s’amusent eux-mêmes de leur mauvaise interprétation en précisant les contours de ce qu’ils montrent.

Pourtant l’idée a été lancée, elle fait son petit gonehome de chemin : et si on arrivait aux limites de ce que les jeux indés ont à proposer ? Et si on arrivait déjà à l’affaissement du soufflé ?

Après tout, il y a effectivement de plus en plus de jeux sur Steam, à tel point qu’il est difficile de suivre. Même chose sur PSN/XBL où les nouvelles sorties s’entassent dans une indifférence générale à tel point qu’on arrive dans cette situation improbable où les jeux sont offerts gratuitement dès le jour de leur sortie. Ça rappelle de plus en plus ce qui se passe sur l’AppStore et autres Google Play où en dehors des charts point de salut, car aucune découverte n’est réellement possible de manière organique, même avec des bonnes notes, même avec un contenu de qualité.
Du coup, c’est un risque grandissant pour les développeurs qui doivent composer avec plus de concurrence, moins de revenus et une foi de moins en moins présente dans les projets qui sortent un peu des sentiers battus. Kickstarter étant devenu une plateforme où vieilles gloires et promesses de madeleines de prousts sont les seuls arguments valables.

Ça commence à faire lourd non ?

Certains ont visiblement foi en la capacité du monde du jeu vidéo à retomber sur ses pattes et aller de l’avant et démontent une à une ces thèses clés. Pourtant, on y réfléchi un peu et puis on se demande de quand date le dernier indé qui a donné un sentiment de hit.

Où sont passés les héros de la génération XBLA me demandez-vous ?
Et bien Fish est resté fidèle à son rage-quit et n’a pas encore refait surface. Notch déprime tout ce qu’il peut, assis sur son tas de pognon. The Behemoth planche toujours sur son Pit People mais a quand même trouvé le temps de claquer une version Xbox One de Castle Crashers, parce qu’il n’y a pas de petites économies. Même chose chez la Team Meat qui n’a toujours pas relancé son Mew-Genics mis en pause il y a plus d’un an, mais hé, Super Meat Boy est sorti sur PS4 ! En parlant de PS4 ; Jonathan Blow est peut-être le plus actif de la bande avec son Witness qui devrait sortir en Janvier de l’année prochaine soit seulement deux ans et demi après son annonce.

C’est pas incroyablement excitant, mais après tout est-ce que c’est ce qu’on lui demande ?
Peut-être que la scène indé n’est pas faite pour être excitante du tout. Peut-être qu’elle n’a pas à remplir les pages de Gamesindustry. Peut-être que tout ce qui compte ce n’est pas les courbes, les graphes, les chiffres de ventes et les statistiques mais les idées, le game design, le pouls du développement.
Peut-être même que ce qu’on prenait pour la scène indé, n’a jamais vraiment été indépendante. La Team Meat, Phil Fish, Jonathan Blow, SuperGiant, Behemoth ont tous bénéficié (de petits budgets chez) d’immenses éditeurs pour sortir leurs coups d’éclat au grand jour et accéder au public qu’ils ont eu.
Après tout la scène indé autogérée chez Desura, chez XBLIG a toujours été un vaste terrain miné où seuls les plus forts pouvaient dénicher la bonne idée entre quarante jeux de zombie en pixel art.

L’indiecalypse sur Steam ne serait donc pas tant l’expression d’un malaise dans le jeu vidéo indépendant, que son apparition aux yeux d’un grand public biberonné aux titres polishés. Oui ça va saigner, mais rassurez-vous, les indés AAA continuent d’exister chez Acti, Ubi, EA et les autres.

Commentaires

  • Fléau |
    "et si vous êtes sur Next-Gêne, il y a fort à parier que vous le faites" et bien figure-toi que pas vraiment, car perso, je me retrouve qu'ici (partout ailleurs, on loue GTA =D).