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Lost in Translation

Lost in Translation
Pierre
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J’ai pu passer quelques semaines au Japon pour les vacances récemment et sous couvert de découvertes culturelles, j’ai réussi à trainer ma copine dans les coins sombres et enfumés des salles d’arcades.
Alors effectivement, contrairement aux rumeurs les Japonais ne parlent pas anglais. Même dans les coins à touristes, même dans les commerces. En revanche, ils l’écrivent beaucoup, sur les murs, sur les emballages, sur les publicités, toujours comme ils peuvent et sans faire relire à un natif, c’est très étonnant.

C’est un peu honteux et en marmonnant quelques « gozaimas » à peine dignes d’un film de Luc Besson, que je me suis frayé un chemin à travers les hordes de badauds à la station d’Akihabara pour enfin arriver sous les néons, les buildings et les vitrines. Les gens regardaient des appareils photos d’occasion, des écrans géants promouvaient le dernier Dragon Quest Mobile, des panneaux de pub pour la Vita semblaient flambant neufs, des filles déguisées en soubrettes distribuaient des flyers pour le Maid Bar le plus proche et d’un coup le fait que les japonais ne parlent pas un traitre mot d’anglais n’importait plus. Parce que j’avais de nouveau 11 ans et j’évoluais dans les pages import de Joypad et Consoles+.

Sauf que les étales n’étaient pas garnis de sticks et boutons de remplacement pour bornes d’arcades et que les exemplaires de Radiant Silvergun d’occas n’étaient plus le joyau sous clé des magasins désireux d’attirer l’amateur d’import. Ici ce sont les figurines One Piece et les les macbook qui semblaient se tailler la part du lion. Comme quoi l’exotisme est le premier à trinquer en temps de mondialisation.

Tant pis, je prends mon courage à deux mains et rassemble mes pièces de cent yens avec la ferme intention d’en découdre dans des salles d’arcades. Et pour les trouver le plus simple est de tout miser sur les machines à pince UFO catcher qui remplissent les caisses de SEGA depuis des décennies et qui mettent la misère aux machines de fête foraine où la boite jaunie par le temps d’un iPhone 3S continue d’être remise en jeu d’une année sur l’autre. Ici pots de Häagen-Dazs, biscuits apéro, coussins en forme de shiba et autres joyeusetés sont à gagner plus pour remplir son frigo que pour impressionner sa poule.

Il faut alors pousser à l’étage pour tomber sur les « vrais » jeux de PvP squatés par des PGM clairement pas là pour rigoler. La température monte, l’ambiance est enfumée, et toutes les bornes de l’étage tournent sur le même jeu, un jeu par étage sur 8 étages. Pokken, Dissidia, Virtua Fighter, Street V y sont joués l’œil rivé sur l’écran et la cigarette au coin du bec.
Inutile de songer à sortir ses yens, ici tout le monde payer sa partie avec son téléphone ou sa carte de métro. Aucune règle explicite n’est écrite nulle part mais l’endroit n’a rien de gaijin-friendly et vu l’inexistence de mon niveau général aux fighters, je préfère passer mon tour.

Il faut alors chercher les salles mettant en avant les jeux musicaux, ce sont elles qui ressemblent plus aux salles européennes et moins au club house de l’asso street V locale. Si on ne se laisse pas impressionner par les inévitables pros de la baguette qui démontent les jeux de taiko en hardcore sur deux tambourins à la fois, on peut trouver des Time Crisis 8, des Star Wars Dome, des Lugi’s mansion arcade et autres saloperies où l’on peut trépigner sur place pour faire courir un Sonic et se faire doubler sur le fil par une fille en talons de 15cm au rire strident.
L’étage rythm games prend des proportions d’asile pour autistes avec des jeux démentiels dont la vitesse et les couleurs flash font passer Guitar Hero en Expert pour une vague promenade de santé.

Si l’envie vous prend d’acheter une console ou des jeux sur place en revanche, il faut trouver un grand magasin d’électronique. Pas ou peu de boutiques spécialisées, mais des étages dédiés dans les fnac locales.
Et là, à mon grand étonnement les Xbox one apparaissent bien visibles en tête de gondoles ou proche des entrées. Et avec elles l’anglais revient également sous forme d’affichettes qui expliquent de manière très claire comment récupérer les taxes au bureau de douane de l’aéroport.
Au moins cette fois c’est certain, les 200 Xbox vendues par mois au Japon n’y restent pas bien longtemps. L’honneur est sauf.

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