> 300 planches et pas de fausse hanche

FIFA's Kitchen Nightmares

FIFA's Kitchen Nightmares
Pierre
4 commentaires
Après plusieurs heures à avoir arpenté eBay telle une âme en peine, il a bien fallu me faire une raison : je ne suis pas le seul abruti à avoir eu l’idée de me débarrasser de l’exemplaire de Fifa 14 offert avec la console.
Après tout, le monde des joueurs de Fifa s’est toujours divisé entre ceux qui achètent leur came (“la fif” comme on dit apparemment dans le jargon) en day-one et ceux qui n’en ont rien à taper.

C’est donc en faisant une croix sur l’idée de récupérer le moindre centime que j’ai lancé mon premier Fifa en 16 ans, le dernier que j’avais acheté tournait alors sur Saturn et contenait du Blur dans la soundtrack.
Et immédiatement les choses changent. Le logo déjà, et son fameux “E-A Sports, it’s in the game” désormais sous-titré en Français telle une réplique de film. Les temps de chargements, annonces, messages et avertissements divers ensuite. Une console moderne ça se mérite, il faut montrer pattes blanches pour y accéder, préciser A CHAQUE DÉMARRAGE sa langue favorite et son accent Kinect, parce qu’enregistrer une option par défaut est au dessus des forces du jeu.

Et puis au premier lancement il n’est pas question de faire ‘un petit match vite fait’ non monsieur (j’apprendrai plus tard qu’il n’existe plus de telle chose dans un Fifa), il faut d’abord en passer par la connexion au serveur d’EA, qui scrute ses bases de données à la recherche d’un passé douteux, d’un casier judiciaire un peu garni. Pendant une minute j’ai eu des réminiscences de Mass Effect et me suis demandé si mes choix de FIFA 98 auraient des influences sur mon équipe (idée à laquelle les générations futures ne couperont pas).

Mais je suis passé entre mes mailles du filet et ni mes exploits sur Burnout, ni mes grands essais de Battlefield n’ont convaincu le logiciel : je suis tout neuf, jamais joué à Fifa ma bonne dame.
Vu le message, le soft a eu l’air à peu près aussi surpris que le serait un vendeur de Micromania, alors la sanction tombe; c’est avec un peu de mépris que le jeu m’annonce avoir passé les commandes (passes, tirs, centres…) en automatique et la difficulté du jeu au niveau le plus bas, joliment nommé “semi-pro” afin de ne pas blesser mon égo d’amateur. Il eut été plus exact de me traiter de joueur du dimanche tant mon aversion pour le foot transpirait à l’écran suivant, m’imposant de choisir mon club.
Attention, pas celui avec lequel je compte jouer pour mon premier match, mais bien MON club, celui dont je suis supporter, celui qui ornera mon gamertag, celui qui donnera ses couleurs à mon menu, celui dont les actualités seront streamés automatiquement, celui qui sera enregistré avec mon compte sur un réseau social très probablement pour les seize années à venir.
Et soyons tout à fait franc, je n'ai aucun mal à imaginer une réalité dans laquelle ce genre d'option a du sens, un monde où les fans de foot retrouvent l'essence même de leur passion qui se mêle à leur jeu vidéo dans un grand hub unique de ferveur supportrice.
Mais en l'occurrence je suis païen en terre sacrée et aussi renseigné sur mon choix qu'une poule devant un couteau, je me rabats sur la sélection nationale du Pérou ce qui aura au moins pour effet de m'inscrire sur une liste quelconque de la NSA ou de faire hausser un sourcil ou deux dans ma liste d'amis.

Mon contact avec les jeux de foot a été initié par World Championship Soccer et autres joyeusetés Megadrive en 2D et vue de dessus, on n'y voyait que dalle on comprenait encore moins ce qui s'y passait mais ça avait l'air rigolo.
Un peu plus tard, c'est via une démo de Worldwide Soccer 97 (Sega ayant eu la bonne idée de ne pas sortir de Sega Striker sur Saturn) que j'ai découvert qu'on faisait aussi ce genre de choses en 3D. Le menu était pour le moins éloquent : match simple, trois versions du même tournois, options. Et vogue la galère.
Preuve en est que des gens très malins ont du bien se creuser le ciboulot puisqu’aujourd’hui les menus d'un Fifa sont partagés dans divers onglets, pop-up, notifications et autres sous-menu qui dégueulent des infos sur le monde virtuel ou réel du ballon rond à qui veut les lire.

C'est donc un peu paumé et bien conscient de mon besoin d'une mise à niveau que je me suis dirigé vers les "entraînements techniques".
Boarf, on va bien t'indiquer à quoi servent les touches, me suis-je dit naïvement. Tu parles Charles ! Treize défis subdivisés en trois épreuves chacun m'attendaient au tournant demandant des manipulations de plus en plus complexes pour faire effectuer aux petits personnages désormais tout à fait reconnaissables des mouvements qui me semblaient absolument hors de propos. Je n'ai pas trouvé la combinaison du coup de boule gagnant ou du gémissement factice pour provoquer un carton mais une chose est absolument certaine : Fifa appartient au haut du panier de la simulation sportive de précision. Le genre qui te fait passer un Top Spin 4 pour une gentille balade pour rigolo des salles d'arcades.

Mais à toute chose malheur est bon et si le tout connecté peut taper sur les nerfs, j'ai pu observer au fur et à mesure de mes tentatives de terminer les entraînements deux éléments réjouissants : Le premier c'est que dans ma liste d'amis fous-furieux de Fifa, seuls deux avaient réellement tenté les défis techniques, le deuxième est qu'aucun des deux ne faisaient de score particulièrement glorieux.

Voilà qui m'a largement rassuré quant à l'utilisation première que font le gros des joueurs habituels du gameplay millimétré que propose le titre et qui m'a permis de gonfler un peu le torse en me disant qu'après les traquenards de Sega et bien Fifa c'est pas nécessairement plus fort que moi.

Commentaires

  • Tim.Monroe |
    T'as osé ^^.
    Finalement t'as fait un match ou pas ? Les animations et les touchés de balles sont juste hallucinantes.
    Je fais parti des deux gugus au score pas glorieux ? Parce qu'autant leur jeux techniques partent d'une bonne idée, autant ils ne servent absolument rien pour apprendre à jouer au jeux et être meilleur en match.
  • BH | Dernière modification :
    J'ai fait un match amical qui n'en avait que le nom contre ma copine. Bien que le score indiquait 3-0 en ma faveur je ne suis pas du tout sûr d'avoir gagné quoi que ce soit.
  • FulRoro |
    Très bon très bon. Ça devient un véritable plaisir de lire tes articles.
  • Eliza |
    J'ai explosé de rire au moment de la création du profil. Et la lecture de ton commentaire aussi. Chapeau à elle d'avoir joué, moi je refuse obstinément (pourtant F. est un grand amateur de Fifa... quoique ça joue probablement dans ma décision).

    PS: "Veuillez remplir le champs ci-dessous par ce mot: brazil" Ah bah elle est belle l'ironie!