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La tentation du bouton

La tentation du bouton
Pierre
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On a déjà un peu parlé de la propension ubisoftienne à rebooter à peu près tout et n’importe quoi avant la fin du développement. C'est ce dont a été récemment victime le pauvre Rainbow Six Patriot qui, malgré l'annonce d'un mode multijoueur terminé par Toronto, n'a pas échappé à la lame de fond “afin de repartir sur les saines bases de la Next-Gen” nous dit-on et au passage prendre 20€ sur le marché du neuf comme le portage de Tomb Raider.

Tomb Raider chez Micromania
Le prix de la next-gene


Ho bien sûr, ça n'a pas été de gaieté de cœur, on nous l'affirme de toutes parts, présidents, vice-présidents, tout le monde adresse ses condoléances et jure que le consommateur en aurait pâti.

Et puis dans le doute, une fois que c'est effectivement reparti pour un tour, une fois que la deadline est passée et qu'on remet une demie année de finition, on fanfaronne un peu, on se la raconte en disant que hey on n'est pas sorti à l'heure mais si on l'avait fait, on aurait été le cool-kid du coin. Imparable.

Et alors même que les costumes se prennent pour des développeurs à expliquer à quel point ils ont à cœur de proposer la meilleure came possible à travers interviews et autres tours de passe-passe, il y a les équipes de développement, normalement silencieuses, qui ont chez ubi la manie de se prendre aussi un peu pour des PR et faire justice à leurs mois de boulot eux-mêmes. L'herbe doit être plus verte, alors on s'improvise contact de presse et on commence à montrer des vidéos, ouvrir des porte folio garnis en projets secrets, on manifeste son désaccord avec les dates de sorties ou bien on balance les retards et reboots avant même qu'ils ne soient annoncés.

C'est maintenant The Division qui divise apparemment surtout en interne et qui a eu droit à ses messes basses cette semaine. Il semblerait que peut être que quelqu'un qui serait proche de l'équipe de développement et qui aurait vu le moteur, aurait dit que le jeu pourrait ne pas sortir en 2014.

On pourrait un peu s'en taper, c'est sûr, scroller un peu plus loin vers la prochaine news juteuse en se disant qu'un jeu tellement ambitieux que le scope n'en est pas très clair, au moteur visiblement bien trop joli pour être tout à fait honnête et réalisé par une équipe qui n'a pas particulièrement brillé ces dernières années, bah c'était un peu couru d'avance. Et puis on pourrait se dire que les présentations E3 n'ont de toute façon pas grand chose en commun avec les jeux terminés. Et qu'après tout la dernière fois qu'Ubi nous a pondu un concept fort pour de la next-gen on s'est retrouvé avec un Assassin's Creed dont le potentiel a mis trois jeux à décoller et un peu moins à retomber comme un soufflet fatigué. Bref on pourrait s’en tamponner gentiment.

Mais on peut aussi jouer le jeu et admettre que ce sont surtout des projets comme The Division qui nous vendent le rêve next-gen, parce que Peggle 2 ça a beau être sacrément chouette ça tournerait aussi sur le téléphone de ma mère. Et puis on peut jouer les cyniques blasés tant qu'on veut, on a aussi un peu envie d'être pris pour des enfants qui découvrent Toy Story en 1995 alors on veut quand même y croire à ce MMO-Clancy-persistant-tablettes et cotillons même si on passera sans doute de bien plus beaux moments sur un jeu louche de première guerre mondiale en 2D.

Et puis même si c'est pas entièrement vrai ça fait un peu chaud au cœur de prétendre de temps en temps qu'entre ses reboots et ses "cinq you" Yvon avec sa clique de joyeux drilles il a aussi envie d'y croire.

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